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Comment Gérer Ses Passagers En Vol

Gestion des Passagers


La gestion des passagers en vol ne fait pas parti malheureusement de la formation de pilote privé. Et pourtant, que ce soit par romantisme 🙂 , pour le plaisir de partager une passion, pour monter ses heures de vol ou pour diminuer les frais de vol, plusieurs pilotes amèneront des passagers avec eux.

Ce vidéo, tourné et présenté par un pilote amateur, est un bon résumé de diverses situations dérangeantes que vous pourriez vivre avec un ou certains de vos passagers. Je vous propose par la suite certaines stratégies psychologiques à adopter pour mieux gérer les cas problématiques et éviter des écueils.

 

Bon visionnement, et vos commentaires sont le bienvenu !

Les passagers ne devraient pas être turbulents au point de constituer un danger pour la continuité du vol puisque, la plupart du temps, ce sont des ami(e) ou de vos connaissances.  Ils  pourraient toutefois constituer un élément de plus à gérer.

Plus d’éléments à gérer signifie la possibilité de surcharge dans une situation problématique, particulièrement si leurs comportements sont hors normes (malade, trop-silencieux ou expressif à outrance ou ti-joe connaissant, etc.)

De plus, votre objectif devrait être qu’ils vivent une belle expérience dans le monde de l’aviation. Je considère plus approprié de raccourcir une activité (un vol) que de laisser souffrir inutilement autrui lorsqu’il ne se sent pas bien.

Ce sont nos capacités d’entrée en relation avec autrui, particulièrement nos capacités d’empathie (s’imaginer dans les souliers des autres) et de leadership qui seront sollicités. On est loin des techniques de vol et de navigation apprises dans les écoles de pilotage.

 

Passagers Problématiques À Bord D’un Avion

Quoi faire lorsqu’on se retrouve avec un passager problématique à bord de son avion ?

Tout d’abord je ne suis pas instructeur de vol. De plus, je n’ai pas cumulé également des milliers d’heures de vol. Mais je suis toutefois doctorant en psychologie et je m’intéresse aux facteurs humains en aéronautique.

Les facteurs humains sont la principale raison  des  causes d’accident. Que ce soit en raison des passagers récalcitrants ou des citoyens récalcitrants dans la vie de tous les jours, les principes de base pour interagir avec ces individus demeurent les mêmes.

Pour rédiger cet article, je me suis référé à des récits de pilotes d’expérience que j’ai corroboré avec des principes reconnus et éprouvés en analyse du comportement humain. Voici donc les éléments à considérer avant, pendant, et après un vol avec un passager, qu’il soit initié ou non aux rudiments de l’aviation.

La Reconnaissance De Sa Propre Personnalité Comme Pilote

Et oui, tout commence par vous le pilote. Vous êtes la personne en charge et responsable du bon déroulement du vol. Vous êtes responsable de son bon déroulement technique et mais également que ce soit un bel expérience pour vos passagers.

Si vous êtes un individu quelque peu timide, vous risquez de vous faire influencer facilement. La gêne n’a pas sa place aux commandes d’un apapreil. Ainsi, le passager qui éprouve des problèmes de limites risque de s’aventurer dans des avenues dangereuses pour la sécurité du vol.

De même, le pilote de tempérament influençable sera plus tenté de répondre affirmativement aux demandes d’amis et passagers qui désirent faire des « rase-mottes » et augmenter ainsi les risques d’accidents.

Tant qu’au pilote plus centré sur lui-même il ne verra fort probablement pas que ses passagers sont en train de vivre une des pires expériences de leur vie. Une expérience qui peut les traumatiser et les éloignés pour toujours du monde de l’aviation.

Il est donc avantageux de prendre le temps d’auto analyser ses propres enjeux relationnels et d’établir un processus de gestion des passagers pour le bienêtre et la sécurité de tous en fonction de sa propre personnalité.

La Prise de Contact avec les Passagers

Une bonne gestion des passagers débute tôt.

Ainsi, la journée avant le vol, informez vos passagers de ne pas prendre un repas trop lourd avant le vol et d’apporter une bouteille d’eau fraiche avec des vêtements qui conviennent aux conditions atmosphériques de la journée. Leur indiquer également la pertinence de s’habiller en utilisant le principe des pelures d’ognons.

Porter plusieurs couches de vêtements est plus appropriées qu’un gros veston épais unique. De plus, il est plus facile d’enlever et remettre de petites épaisseurs de vêtement pour bien gérer la température de son corps.

Sans compter que le chauffage n’est pas toujours ce que les gens croient dans un petit avion. La température à l’intérieur de l’appareil varie en efficacité en fonction du régime moteur, de la vitesse des vents et de la température extérieurs chez certains modèles d’avion plus « expériencés ».

Ayez donc un regard paternel ou maternel protecteur envers vos passagers avant le départ et au besoin sortez de votre kit de survie personnel des vêtements qui pourraient rendre le vol plus agréable pour vos passagers. Ha !

Vous n’avez pas de vêtements plus chauds dans votre kit de survie personnel. Pas une mauvaise idée d’en rajouter. Ça ne pèse pas vraiment lourd de toute façon.

De plus même si un le problème mécanique vous semble peu probable, cela arrive chaque année à des milliers de pilotes bien veillant à travers le monde. Il n’est donc pas impossible que cela vous arrive un jour également.

Se sortir d’un quasi-crash vivant mais avec des séquelles d’engelures importantes, faute de vêtements chauds appropriés, me semble aberrant.

Sans oublier que si un de vos passagers est blessés, même légèrement, et que vous deviez attendre les secours aéroportés ou terrestres même pour quelques heures, cela deviendra vital que vous gardiez au chaud vos passagers.

Au lieu de devoir refusé un passager non habillé convenablement pour le vol, il vaut peut être mieux avoir à porter de main des vêtements chauds.

Le bon pilote est prévoyant, envisage toutes les possibilités et se prépare d’avance psychologiquement et physiquement pour réagir adéquatement. Cela inclus avoir l’équipement nécessaire à bord.

Établir Un Processus Bilatéral De Communication

Facteurs Humains En Aviation

La Bonne Communication Débute Lors De La Rencontre

Avant même de débuter le vol, il est important d’établir un bon processus de communication avec le ou les passagers. Éviter de les voir comme une opportunité de diminuer vos frais de vol…

Si vous êtes à ce point capitaliste…souvenez vous au moins que si vous vous en occupez avec civisme et empathie ils en garderont un bon souvenir et ils risque alors de vous référer des passagers.

Vous pouvez vous enquérir de leurs expériences passées à bord d’un avion et la satisfaction qu’ils en ont retirés. Ont-ils déjà été malade à bord d’un avion ? Voyages t-ils dans le sud l’hiver ? Ont t-ils des craintes ou des attentes spécifiques ?

Bien que prendre place dans un Boeing 757 et dans un Cessna-172 diffère quelque peu pour le moins, le passager qui a tendance à souffrir de claustrophobie7 vivra fort probablement la même terreur dans les deux types d’appareil. Il est même possible que ce soit plus difficile pour ce dernier dans un Cessna-172 que dans un Boeing 757.

Vous pouvez également leur demander cette question qui semble anodine : Aimez-vous les manèges ? Un non ou autre chose qu’un Oui ferme de leur part signifie une plus grande possibilité de leur part d’être malade à bord, surtout si ils sont assis à l’arrière d’un petit monomoteur.

L’oreille interne réagit de façon similaire dans un manège qu’en situation de turbulence en avion.

De plus, ceux qui ont peur des hauteurs risquent de réagir plus fortement. Quoi que j’ai personnellement travaillé avec un pilote d’hélicoptère chevronné qui ne montait pas sur une échelle de 5 pieds de haut. Le vertige n’est donc pas une contre indication au vol en avion monomoteur.

Un plus grand souci de votre part sera toutefois apprécié par le passager qui a peur des hauteurs.

Le Choix Du Siège Des Passagers

En tant que pilote, vous devriez garder un droit de regard sur le choix du siège de vos passagers. En cas de problème, vous apprécierez d’avoir à vos côtés un passager avec qui la communication et la coopération sont excellentes.

Ainsi, si un de vos passagers est un touche à tout avec traits d’hyperactivité, il sera mieux approprié de l’asseoir à l’arrière ou du moins de reculer le banc avant. Cela lui évitera de toucher aux commandes.

Aux lieux d’interdire aux individus plus « acifs » de ne pas toucher aux commandes vous pourriez leur mentionner que lorsque vous serez rendu dans la zone de vol pour les débutant … bien haut …vous leur permettrez d’essayer les commandes de contrôle de vol.

Cela leur permettra de se contrôler pour l’obtention de la récompense. Tenez votre promesse toutefois.

Le Briefing Pré-Embarquement

Pour les vraies de vraies « newbies » il est approprié de leur mentionner le type d’appareil que vous utiliserez et son historique dans l’industrie aéronautique. Et surtout n’oublier pas de leur mentionner que c’est un appareil très fiable, naturellement.

En réalité ce que vous voulez observer c’est leur réaction qui vous permettra d’évaluer leur niveau d’anxiété et de crainte à voler en avion monomoteur.

De plus, pour bien des nouveaux passagers, tout petit avion est un Cessna. Ce n’est pas du tout la même expérience que de faire son premier vol d’avion dans un superbe J3 jaune scintillant. Les connaisseurs à qui il ou elle racontera son premier vol d’avion réagira différemment.

Du moins je le ferais. J’aime bien cette légende de Piper Cub J3.

N’oubliez surtout pas votre « breifing » de sécurité. En cas de besoin, un passager bien informé et formé pourrait vous êtres très utile et même vous sauvez la vie. Vous devez naturellement l’informer sur la position du ELT, son utilité, et comment le déclencher ou le sortir de son socle rapidement au besoin.

Il est approprié d’enseigner à vos  passagers la position à adopter en cas d’atterrissage d’urgence. De plus, un élément souvent négliger est de leur permettre d’ouvrir et fermer les portes à partir de leur siège respectif.

Assurez-vous que non seulement les passagers comprennent tous comment ouvrir une porte mais qu’ils en sont également capables physiquement. Ne préjugez pas de la capacité ou non des enfants. Faites l’exercice d’ouvrir les portes de l’avion avec eux également. S’ils en sont incapables, vous en aurez au moins la certitude.

La plupart des gens aimerons le petit exercice pratique d’ouverture de porte à partir de leur siège respectif. N’oubliez pas de permettre également à vos passagers arrière d’ouvrir la poignée de la porte avant à partir de leur siège. C’est plus acrobatique pour eux mais cela en rassurera certains.

De plus, assurez vous que le passager est capable de fermer la porte et de la barrer par lui même. Cela lui permettra de vous seconder dans la manœuvre de fermeture d’une porte en vol le cas échéant.

Vous éviterez ainsi une possible réaction de panique chez ce dernier et qu’il tente de toutes ses force de la fermer en marquant inutilement le métal en feuille au niveau de la barrure de porte. Votre aéroclub vous en sera reconnaissant de préserver leur appareil intact.

La Communication En Vol

Il en va de soit que votre principale tâche en vol est de piloter de façon sécuritaire pour tous. Pour que vos passagers comprennent l’importance des messages sur les ondes, vous pouvez leur indiquer dès le point fixe que si vous levez le doigt dans les airs, c’est que vous devez écouter les communications sur les ondes.

Puisqu’ils en sont averti d’avance, cela rendra votre levé du doigt moins intrusif et plus compréhensif pour ces derniers.

De la même façon que vous partagez votre attention entre le tableau de bord et le regard à l’extérieur de l’appareil vous devriez ajouter a cette routine un regard à vos passagers. Non pas seulement regarder si ils ont toujours présents 🙂 mais les questionner également sur leur état physique et mental.

Facteurs Humains en Aviation

Comment Gérer Ses Passagers Avec Respect.

Un moyen rapide d’évaluer leur état global est de leur demander de noter leur état sur 10. Une note de 10 sur 10 étant la condition dans laquelle ils sont arrivés à l’aéroport.

Si le passager arrière n’est pas branché au système de communication dans l’avion, vous devriez établir un système de communication par signe avec celui-ci avant le départ pour qu’il vous communique son état globale.

Il pourrait le faire avec ses doigts par exemple, après tout il devrait avoir dix doigts

De même un passager qui ne nous regarde pas ou qui regarde uniquement à l’extérieur n’est généralement pas bon signe. De même en est-il du passager trop silencieux. Il est plus libérateur pour son corps qu’il s’exprime tout comme dans les manèges.

Les OUAAAAAAAAA avec les bras dans les air avec de gros sourires de la part des passager sont un excellent facteur de protection contre les maux de coeur.

Une fois devenu pilote bien des gens effacent de leur mémoire les souvenirs pas toujours agréables d’être un passager à l’arrière. Ayez un peu d’empathie pour sa position de yoyo… en particulier lors de turbulences.

Même si ce n’est qu’un vol de plaisance, ramener votre passager malade à l’aéroport le plus vite possible et continuer votre vol dans les alentours avec les autres passagers. C’est une question de civisme selon moi. Un vol, la tête dans un sac de plastique n’a rien d’intéressant pour personne.

 

Le Passager Anxieux, Nerveux Ou Inquiet

Ce dernier ne touchera probablement pas de lui même les commandes. Demandez lui alors de poser les mains sur les commandes de vol en même temps que vous. Effectuez avec ce dernier de petits détours en S et de légères montées et descentes.

Assurez-vous qu’il ressent une forme de contrôle sur l’appareil. Sentir qu’il a une forme de contrôle sur le déroulement du vol le rassurera. Regardez alors son sourire s’installer sur son visage !!!

Le Passager avec des Poblémes de Limites

Pour ce qui est du passager qui en prend trop large vous devrez mettre une limite. Vous devrez être ferme mais respectueux. Ce n’est pas le temps de s’enflammer dans un débat oratoire. Vous pouvez utiliser les arguments suivants : Pour la poursuite du vol je te demandes de…Pour la sécurité de tous je te demande de ….

Et en certains cas vous devrez établir un cadre rigide. Vous devrez utilisez une consigne qui ressemble à ceci : soit que tu respectes mes consignes ou je te dépose à l’aéroport le plus proche. Et faites le au besoin, certaines personnes ne comprennent que lorsqu’il y a une conséquence reliée au comportement inadéquat.

Le Passager Qui Nous Semble Beaucoup Trop Coopérant ...

Le passager le plus ambigu à gérer selon moi est celui bien intentionné qui nous fait douter de soi-même et qui est souvent dans le milieu de l’aviation. Vous risquez alors de vous retrouvez avec deux individus comme PIC (Pilote In Command) ou pire encore qu’aucun des deux n’agisse en fonction de sa décision.

Il n’y aura donc pu de pilote cohérent aux commandes. Vous pouvez faire preuve de souplesse et accepter son aide mais établissez la hiérarchie dès le début du vol.

En Conclusion

Finalement devenir un bon pilote résulte de plusieurs facteurs. On doit avoir une bonne dextérité manuelle, de bonnes capacités de gestion de plusieurs taches simultanément et avoir un bon sens de la planification.

On doit également posséder une organisation interne (psychologique) et externe (actions) cohérentes, tout en demeurant en communication constante avec les contrôleurs aériens, avec les autres appareils dans notre secteur de vol AINSI qu’avec nos passagers.

Vos commentaires ou expériences vécus sont les bienvenues.

Bon vol en sécurité.

Jeff

Créateur du site web Aviation – Sport Et Aventure

 

4 Comments

  1. Salut Jeff
    Je pense que ce post est très important pour tout nouveau pilote. Je ne suis pas pilote moi même mais j’ai fait plusieurs petits vols en cesna et il est arrivé quelques fois ou les passagers me rendaient très nerveux au point ou j’avais hâte de descendre.
    Tu as raison aussi lorsque tu parles de peur des hauteurs. J’ai un peu peur des hauteurs mais pas vraiment en avion. Je ne suis pas un fan des montagnes russes non.
    À la prochaine

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